[Chronique] Flying Colors – Third Degree

Le groupe Flying Colors avait fait grand bruit dans le monde des nombreux side-projects de Mike Portnoy. En effet, même si celui ci réunissait Neal Morse son compère de toujours, il incluait aussi Dave LaRue (bien connu des fans de Portnoy), Steve Morse du groupe Deep Purple, mais surtout mettait sur le devant de la scène Casey McPherson, chanteur et musicien, à la voix exceptionnelle. On avait un peu peur que la collaboration s’arrête là puisque l’agenda des musiciens est surbooké. De plus il existe une légende urbaine disant que les side-projects de Mike ne dépassent pas le 2ème album (LTE, OSI, Adrenaline Mob, The Winery Dogs). Preuve que la combinaison Mike Portnoy/Neal Morse fonctionne bien puisque le groupe est de retour pour un troisième opus qui sortira le 4 octobre sur le label Mascot Label.

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Nous n’allons pas parler des nombreux titres déjà disponibles sur YouTube mais plutôt nous concentrer sur ce qu’il reste à découvrir de l’album. Le label a décidé de sortir quatre vidéos toutes différentes pour promouvoir Third Degree. Choix judicieux pour augmenter la hype selon certains, manque de surprise à l’écoute de l’album pour d’autres. Mais les morceaux sont là et bien là. Donc pour ceux qui ont déjà usé et abusé de ces sorties anticipées, ne vous inquiétez pas, il y a encore beaucoup à découvrir.

Les quatre premiers morceaux dévoilés sont plutôt courts avec des influences diverses qui ne choqueront pas les fans de Flying Colors : The Beatles, Muse… Et finalement on ne retrouvera aucune prise de risque sur l’intégralité de l’album. Ce troisième opus est un album classique qui reprend la même formule. Mais pourquoi changer quand c’est la bonne ? Le groupe se pose toujours dans un créneau pop prog qui pourra plaire même aux réfractaires du genre inventé par Yes, Pink Floyd et King Crimson. On retrouve ces traceurs dans un morceau comme « Geronimo » avec une intro très old school ou dans « Guardian » avec un break qui fera penser à Dark Side of the Moon.  Mais finalement la force de Flying Colors est de composer des parties (notamment les refrains) très accrocheurs et qui restent bien en tête. Impossible de ne pas avoir « Guardian » ou « Cadence » en tête à la fin de la première écoute.

Les deux morceaux qui surnagent sont les deux « mini epics » : « Last Train Home » et « Crawl » (déjà dévoilé en live). Le premier ravira les fans de Spock’s Beard avec un Neal Morse un peu plus présent vocalement alors que « Crawl » fera plaisir à tout fan de prog avec des changements d’atmosphères fréquents mais fluides. Car Flying Colors peut faire du progressif sans sonner copier coller et même sur des morceaux plus courts comme « Geronimo » ou sur « Cadence » sorte de « Kayla » en moins heavy.

Le grand gagnant de cet album (et de ce groupe) : Casey bien sûr. Il mériterait bien plus d’exposition médiatique (Flying Colors également) tant il magnifique les morceaux avec sa voix sublime. Il peut être doux, comme sur l’intro piano voix de « Crawl » ou plus fédérateur sur le refrain de « Last Train Home » et part même faire rougir Matthew Bellamy sur « More ». Cette importance de Casey sur l’album relègue Neal Morse au second plan. Mais tant mieux car sinon on aurait pu assimiler ce projet à un énième groupe Portnoy/Morse. L’ex Spock’s Beard brille plus par ses interventions aux claviers sublimes avec des solos très old school comme dans « Last Train Home ». On retrouve néanmoins certains tics de composition notamment dans les fins de morceaux.

Les autres membres restent dans leur registre classique : Steve Morse fait du Steve Morse mais il le fait remarquablement, Portnoy peut transformer un morceau simple en morceau alambiqué avec douze breaks à la minute et Dave LaRue groove toujours autant et se permet même quelques solos biens amenés et pas du tout ennuyeux comme sur « Guardian ». Le tout est servi par une production sublime où il est agréable de se balader entre les instruments.

Pour conclure, Flying Colors ne réinvente pas la poudre ou ne surprend pas mais fait toujours plaisir à entendre. Et non, ce n’est pas un album de plus dans une discographie qui commence à s’étoffer, Third Degree a le mérite de proposer d’autres chansons dans un style qui est très agréable et qui fait du bien : sans trop de prise de tête mais avec des parties instrumentales folles, pop mais pas trop, des influences visibles mais bien mieux digérées que sur le premier album. Bref, Flying Colors réussit à passer la troisième sans trop de problèmes.

Si la chronique vous a donné envie et que vous n’avez toujours pas commandé votre exemplaire, ça se passe ici. Sortie le 4 octobre sur Mascot Label

Note : 8.5/10

Un grand merci à Roger de Replica Promotion et à Lauren Schuller de Mascot Label.

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