[Chronique] Etrange – Etrange

Les membres du fan club ont décidément beaucoup de talent. Un talent malheureusement trop méconnu et pourtant ce nouveau projet de Velhon et Deadale (alias Gruik, alias Yoyo) membre historique de Your Majesty, mérite le détour. Vous avez peut-être entendu parler de ses projets plus bourrins comme Invocate the Butcher ou Architect of Seth mais il est de retour dans un metal progressif instrumental très efficace. Enfin, nous pouvons voir cette facette plus prog du gaillard accompagné comme d’hab de son compère Marc Papeghin qui vient dire bonjour avec ses cuivres.

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Ce qui frappe dès le départ, c’est ce côté très fluide qui souvent manque dans les instrus prog : on se surprend à partir dans tous les sens mais sans ce côté copier-coller. Nebula est un excellent exemple puisqu’on passe d’une intro très Devin Townsend à une instru proche de « Learning to Live » en passant par le côté orchestral atmosphérique de Dimmu Borgir puis atterrir sur un passage Opethien avec mellotron et guitare acoustique sans à-coup. Tant de noms de groupes pourraient faire peur : les influences sont certes présentes, mais bien digérées et le groupe arrive à développer son propre style.

Et quel style ? A une époque où il est difficile de se démarquer dans le prog, Etrange arrive à imposer sa patte : un prog instru assez dynamique avec un côté techno et surtout ce piano qui domine très souvent le lead. Parlons-en justement des claviers : très en avant contrairement à d’autres groupes, ils puisent leurs influences dans les années 90s (piano très EDM genre Korg M1 ou lead un peu kitsch proche de ce que Kevin Moore pouvait faire au sein de DT). Les sons ne sont pas très variés en général mais cela permet d’avoir une vraie identité sonore (pensez à l’identité sonore de Derek Sherinian par exemple). Pour la diversité, on a quand même des orgues tantôt grandiloquents à la Wakeman, tantôt fantomatiques, du mellotron, des arpégiateurs…

02 ETRANGE_Band

Ces claviers laissent peu de place au reste des instruments mais ils existent quand même avec notamment la guitare qui se rapproche de Petrucci mais surtout de Michael Romeo. Le côté Symphony X est très présent avec cet orchestre et ces ambiances néoclassiques qui infusent l’album. Et quid de la section rythmique ? La basse est relativement en retrait sauf pour les passages plus lents ou les parties jazzy. La batterie, certes programmée, n’a pas à rougir de certaines prestations de batteurs progueux. Tantôt bourrine à coups de blast beats tantôt dans la douceur, on rêverait d’avoir un batteur live avec un tel talent.

Au niveau de la composition de l’album, on alterne entre grosses pièces progressives et petits intermèdes plus lents qui permettent de souffler un peu car le groupe ne laisse aucun répit : c’est puissant, c’est intense, parfois death mais jamais trop. Sur « Astralis » par exemple, on peut trouver un passage metal extrême proche de Periphery mais ce côté rythmique est contrebalancé par un sens de la mélodie poussé. Même chose pour « Titan » où ce passage en blast beats est soutenu par une ambiance très burtonienne. Plus intéressant encore, le groupe se permet de dériver vers des horizons plus éloignés du metal prog: on peut sentir des parties proche de Jean Michel Jarre avec des chœurs épiques sur « Exile » ou des sons de lead.

Les titres forts de cet album : tous bien sûr mais surtout « Nebula » déjà évoqué et également « Exile », le titre d’ouverture avec une intro typée Septicflesh, somptueuse puis plus rentre dedans avec une grosse batterie, un gros lead et l’orchestre : on est aux frontières de Symphony X puis on passe à des parties proches du black metal puis ça se répond entre la guitare et les cuivres. On ne manquera pas de remarquer le travail de fourmi de Marc Papeghin qui, comme d’habitude, rend l’ensemble encore plus grandiose. Le tout est servi par une production qui pourrait faire rougir pas mal de groupes de prog actuels.

Bref vous l’aurez compris, cet Etrange est un excellent cru et une jolie découverte dans le milieu du metal prog qui tend à proposer la même chose. Alors achetez vite l’album : non seulement vous soutiendrez la scène française qui a bien du mal à exister et vous ferez plaisir à vos oreilles. C’est dispo ici : http://etrangemusic.com/

Note : 9.5/10 (+1 car c’est les potos, -1 parce qu’il faut être impartial)

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