[Live Report] G3, Nantes, le Zénith, jeudi 19 avril 2018 par Wizard

Wizard, nous fait plaisir une nouvelle fois en nous gratifiant d’un live report. Cette fois-ci, il s’agit du concert que le G3 a donné à Nantes en 2018. Bonne lecture.

g3

Le G3, concert imaginé par Joe Satriani, qui réunit trois guitaristes sur une même scène, se produisait au Zénith de Nantes, le jeudi 19 avril 2018. Pour la partie européenne de cette tournée, le G3 se compose, pour les principaux musiciens, des guitaristes Uli Jon Roth, ancien membre du groupe Scorpions, de John Petrucci, membre de Dream Theater et de Joe Satriani qui, en plus de ses albums solo, est un membre de Chickenfoot.

Accompagnés de deux amis, nous arrivons vers 19 heures 30. Dans la file d’attente, quelle ne fut pas notre surprise de rencontrer Bertrand Croisé, ancien président de Your Majesty, ce qui me donne enfin l’occasion de le remercier, pour tout le travail accompli, au sein du fan-club.

Après l’extinction des lumières, Uli Jon Roth entre sur scène. Il est accompagné d’un bassiste, d’un batteur, de deux autres guitaristes (dont l’un assure également des parties vocales) et d’un claviériste. En dehors de sa période passée avec Scorpions, je ne connais pas ses compositions en solo, et je suis ravi de découvrir ce guitariste.

Uli Jon Roth débute sa prestation par le morceau Sky overture, extrait de son album Transcendental sky guitar : the phenix and the dragon. Dès les premières notes, on sent chez cet homme les influences du blues et de Jimi Hendrix. La musique est gâchée par un son beaucoup trop fort ; les basses sont si importantes que parfois, je n’arrive pas à distinguer les différentes progressions d’accords du morceau, ce qui me désole, et ce sera le cas tout au long de la soirée. Sky overture, dans lequel le guitariste abuse un peu trop du vibrato, mélange habilement des parties de guitare très mélodiques, et d’autres, plus rapides, avec des progressions d’accords, empruntées à la musique classique, et quelques arpèges bien sentis, en sextolets de doubles-croches, et exécutés avec une telle régularité et une telle précision par le guitariste, que cela m’impressionne beaucoup.

Après cette phénoménale entrée en matière, Uli Jon Roth s’adresse au public, avec quelques mots en français : « Bonsoir, Nantes. Bienvenue au G3 ». Les quatre autres morceaux du concert seront des chansons de Scorpions. La première, Sun in my hand, est extraite de l’album In trance. Tout comme Sky overture, elle est également imprégnée par le blues, mais ne me laisse pas un grand souvenir, exceptées les magnifiques parties de guitare à trois voix ; jouissif ! Première grosse émotion de la soirée, avec We’ll burn the sky, splendide ballade, extraite de l’album Taken by force, ballade que le guitariste dédie à son frère, décédé au début de l’année. Cela me donne l’occasion de redécouvrir cette chanson, que je n’avais pas écoutée depuis des années. Quelle magnifique musique et quelle superbe mélodie vocale! Toutefois, le chanteur du groupe, même s’il se défend bien, ne remplace pas Klaus Meine, d’un point de vue émotionnel. Néanmoins, le fait de pouvoir écouter ce morceau en direct, interprété par un des membres de Scorpions, et qui a enregistré la version studio de cette chanson, m’émeut profondément.

S’ensuit Fly to the rainbow, extrait de l’album du même nom. Je ne me souviens plus de ce morceau, et il me passe au-dessus de la tête, exceptée la mélodie vocale du refrain ; quel enchantement! Lorsqu’Uli Jon Roth fait vrombir sa guitare pendant quelques minutes, imitant le bruit d’un avion, s’écrasant sur la salle, cela me rappelle l’époque où j’ai découvert le fantastique enregistrement en public de Scorpions, intitulé Tokyo tapes, et sur lequel figure ce morceau. Je suis aux anges. Cette première partie se termine par The sails of Charon, morceau inconnu pour moi, autre extrait de l’album Taken by force. Ce morceau est trop long et m’ennuie rapidement.

Après une pause de quelques minutes, c’est au tour de John Petrucci de monter sur scène. Il est accompagné par Dave Larue à la basse et par Mike Mangini à la batterie.

La prestation débute par Wrath of the amazons. Sous ce titre, se cache la juxtaposition de deux thèmes : l’introduction du morceau Amazons of Themyscira et le morceau Wonder women’s wrath, thèmes issus de la bande originale du film Wonder woman, composée par Rupert Gregson Williams. Sur les premières notes de l’introduction de Amazons of Themscira, sont projetées des images de l’espace, de la Voie Lactée et de montagnes enneigées. Dès les premières notes, le son du guitariste est impressionnant, avec une vélocité et une virtuosité fantastiques, et un jeu d’une propreté impeccable ; cette perfection sera présente tout au long du récital. Ses deux compères font également preuve d’une aisance époustouflante. Mike Mangini joue sur une batterie beaucoup plus petite que celle utilisée pour Dream Theater, et il nous offre un jeu beaucoup moins démonstratif, avec plus de groove que d’ordinaire, ce qui rend ses rythmiques plus épurées.

John Petrucci poursuit avec Jaws of life, extrait de son album solo Suspended animation. Les soli de guitare sont exécutés aussi proprement que dans la version studio ; la vitesse d’exécution de certains traits est vertigineuse. Le guitariste s’adresse ensuite au public : « Eh yeah… Nantes, France… Good evening ». Il nous annonce un nouveau morceau : The happy song, qui, par certaines progressions d’accords, me font penser à la chanson Dancing with myself, de Generation X, groupe emmené jadis par Billy Idol.

Vient ensuite une magnifique interprétation de Damage control, morceau durant lequel Dave Larue nous gratifie de quelques passages en slap. Nouvelle intervention de John Petrucci, pour nous annoncer un second nouveau morceau : Glassy-Eyed zombies, empli de mesures asymétriques. Le guitariste termine cette seconde partie avec Glasgow kiss, dans une interprétation de toute beauté.

Après un second entracte, Joe Satriani arrive sur scène, accompagné, entre autres, par Mike Keneally, à la guitare et au clavier.

Joe Satriani commence par le morceau Energy, extrait de son dernier album What happens next, album qui sera mis à l’honneur, avec plusieurs titres. Le guitariste est très expressif. Après les deux premiers morceaux, il s’adresse brièvement au public en français : « Merci, bonsoir ». Ne connaissant pas assez sa discographie, je ne pourrai pas vous détailler la liste complète des titres interprétés durant le concert. Néanmoins, parmi les moments marquants, trois titres de l’album Surfing with the alien : Satch boogie, mon morceau préféré, ici exécuté dans une interprétation écœurante de virtuosité par le groupe, avec un solo de guitare flamboyant, et qui me fait bouger comme un fou. Nous aurons droit aussi à Circles, (morceau dont les parties en son clair ont été utilisées, pour le générique de l’émission « Grand format », animée par Evelyne Pagès, et diffusée sur RTL), et enfin Always with me, always with you, avec ses lignes de guitare fabuleuses. Je suis en totale extase durant ces trois morceaux, que j’avais toujours rêvé d’écouter en direct.

Durant le morceau Cherry blossoms, nous pouvons apprécier un passage avec guitares à deux voix, se complétant à merveille. Le concert se termine par Summer song et son riff principal, construit avec des notes harmoniques, qui m’enchante et me laisse bouche bée.

C’est l’heure de la G3 jam, pour laquelle Uli Jon Roth et John Petrucci reviennent. Elle débute par Highway star, de Deep Purple, chanté avec beaucoup d’enthousiasme, par l’un des vocalistes de la formation d’Uli Jon Roth, et joué dans une interprétation de folie, avec des soli, exécutés, là encore, à trois guitares. Magistral ! Arrive ensuite All along the watchtower, de Bob Dylan, où les trois guitaristes montrent tour à tour leur savoir-faire, avec des soli endiablés ; quelle claque! Enfin, pour nous éblouir une dernière fois, Immigrant song, de Led Zeppelin, vient parachever cette magnifique soirée.

Des trois guitaristes, Uli Jon Roth, même s’il n’a rien perdu de sa folie des années Scorpions et de son feeling, apparaît comme le moins bon, sa technique semblant limitée, alors que celle des deux autres paraît beaucoup plus variée, embrassant tous les modes de jeux possibles et imaginables, pour un guitariste complet. De plus, je suis très heureux d’avoir pu écouter John Petrucci, dans un autre contexte que celui de Dream Theater, mais j’ai préféré le concert de Joe Satriani. John Petrucci, bien qu’ayant une technique irréprochable, a délivré une prestation qui était parfois trop froide, et manquait de titres plus lents et plus mélodiques, et aussi de nuances. Joe Satriani, au contraire, a su alterner des morceaux démonstratifs, demandant rapidité et précision, avec d’autres, plus lents et plus mélodiques, ce qui reposait les oreilles des auditeurs et faisait respirer beaucoup plus la musique.

Enfin, cette soirée restera pour moi inoubliable et très forte en émotions, m’ayant apporté des morceaux que je souhaitais écouter en direct depuis longtemps.

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