[Chronique] Neal Morse Band – The Great Adventure

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« Let the Great Adventure, now begin »… c’est par ces mots que The Similitude of a Dream se terminait, laissant l’auditeur ravi d’avoir pu écouter un chef d’oeuvre du rock progressif. Et c’est par ces mots que le Neal Morse Band commence son nouvel album intitulé The Great Adventure. Cela paraît normal quand on pense que c’est la suite presque directe de The Similitude of a Dream. A noter que le groupe, au départ, n’avait pas prévu de faire une suite mais s’est dit que finalement pourquoi pas. Autant le premier épisode était vraiment basé sur le livre « The Pilgrim’s Progress » de John Bunyan (avec quand même quelques libertés et quelques raccourcis), autant cette suite est plus inédite. En effet, le livre raconte à la fois le voyage de Christian (dans la première partie) puis celle de sa famille, alors que pour ce deuxième épisode, le Neal Morse Band a décidé de raconter le voyage du fils et donc de prendre des libertés avec l’histoire originelle. Alors va-t-on assister à un The Similitude of a Dream bis sans aucune originalité ou alors se dirige-t-on vers un troisième album de haute facture d’affilé ?

La réponse est très simple : c’est un triplé pour le Neal Morse Band. Alors oui question originalité, il faudra repasser pour certains passages. Si au bout de plusieurs albums du père Neal, vous êtes rapidement soûlés par les ouvertures qui reprennent les thèmes ou par les finales grandiloquents, passez votre chemin. Si le chant nasillard de Bill vous a posé problème sur les deux albums précédents, passez votre chemin. Mais si vous êtes fans du Neal Morse Band, alors vous n’aurez aucun problème à aimer cet album qui n’est pas une pâle copie du précédent. Contrairement à ce qu’on aurait pu penser, le groupe a décidé de ne pas céder à la facilité en reprenant les thèmes développés dans the Similitude of a Dream. Alors certes, il y a quelques références mais qui sont savamment bien distillées et qui tiennent plus du fan service discret que du manque d’inspiration. De nouvelles mélodies ont été composées et certaines sont magistrales, notamment celle de « To the River » et « A Love that Never Dies ». Le seul petit problème serait que, contrairement au précédent album, certains thèmes sont répétés trop de fois et certains morceaux ne servent que d’introduction. Lorsqu’on écoute The Similitude of a Dream, chaque morceau reste en tête et a une vraie consistance alors qu’après quelques écoutes de The Great Adventure, certaines compositions passent un peu à la trappe comme « A Momentary Change », « Long Ago » ou « The Dream Continues ». Le fait est que ces morceaux , composés de thèmes déjà repris, sont un peu éclipsés par des tueries monumentales comme « Welcome to the World », « I Got to Run », « To The River », « The Great Adventure », « Venture in Black », « Hey Ho Let’s Go », « Vanity Fair » et « A Love that Never Dies ». Le premier épisode était un sans faute alors que cet album a quelques morceaux plus faibles. Mais bon, on parle de quelques minutes sur une heure quarante !

Dans les points positifs, outre les morceaux cités ci-dessus, il y a la qualité des compositions et l’introduction d’un côté plus sombre, plus heavy qui lorgne parfois du côté de Spock’s Beard. Le protagoniste étant plus amer et blasé que son père (faut dire que se faire abandonner par son papounet pour qu’il puisse aller au paradis pendant qu’on reste là dans une ville pourrie, ça facilite un complexe d’œdipe), la musique en est parfois plus sombre. Alors attention, le Neal Morse Band ne s’aventure pas dans les terres obscures d’un black metal underground, on reste dans du prog rock. Mais quand même, la voix de Neal est plus rauque et plus intense par moments. Autre point positif : le mix, ce qui n’est pas surprenant vu les autres opus : c’est un album qui respire, où chaque instrument, chaque chanteur (et il y en a ! ) a sa place et où il est facile de suivre n’importe quelle intervention. Puisqu’on parle des chanteurs, grosse surprise : la mise en avant de Bill Hubauer. Alors certes, cela va faire grincer des dents ceux qui n’aiment pas le côté nasillard de la voix de Bill mais aux côtés de ses 3 autres compères chanteurs, il n’a pas à rougir. Forcément, si le claviériste est plus en avant, Eric Gillette a tendance à prendre un peu de recul et même s’il fait toujours un travail formidable au chant, il y a moins de moments sublimes qui ponctuaient les compositions des deux premiers albums. Celui ci maîtrise toujours sa guitare de façon impressionnante et nous fait nous dire que Neal Morse a vraiment, mais vraiment bien fait de le recruter. La section rythmique composée comme toujours de Randy George et Mike Portnoy fait le job. C’est clair qu’au bout de 15 ans de collaboration, il n’y a aucune surprise et les MPWarriors n’auront aucun problème à reconnaître les gimmicks de Mike et les fans de Randy ne seront pas non plus surpris. Mais pourquoi changer une équipe qui gagne à savoir un bassiste et un batteur qui apportent un vrai groove à l’ensemble. Parlons également de Bill Hubauer en tant que claviériste : il arriver à varier son jeu avec des sons plus modernes et un orgue d’église magistral qui rappellera aux fans de prog les grandes heures de Rick Wakeman.

Et alors l’histoire me direz-vous ? N’ayant pas les paroles au moment de la découverte de l’album, il est difficile de la raconter précisément (vous pensez bien qu’on vous fera une traduction plus tard) même si au final, l’aventure est un peu différente malgré le fait que le fils entreprenne le même voyage. L’action met plus de temps à se mettre en place car on appesantit plus sur les états d’âme du fils. Le deuxième CD permet à l’auditeur de découvrir d’autres lieux et d’autres personnages qui n’étaient pas mentionnés dans The Similitude of a Dream comme la Foire aux Vanités, le Grand Désespoir et le compagnon Faithful (qui a pourtant un rôle crucial dans le livre). Donc en partant du même trajet, Neal Morse arrive à éviter les redondances et à enrichir cet univers.

Vous l’aurez compris, malgré quelques morceaux plus faibles mais qui prennent leur place dans cet ensemble narratif et qui servent plus d’introduction, cet album est une pure merveille. Et quand on considère l’ensemble : Similitude/Great Adventure, on a une oeuvre cohérente, hyper bien travaillée avec un vrai message fort qui pourra parler à tous, même à ceux qui ne croient pas en Dieu. Car au fond, ces deux albums nous expliquent simplement ce par quoi il faut passer pour être heureux et réussir. Et la première étape, c’est de se prendre une bonne dose de Neal Morse Band.

 

Un énorme « gracias » à Lorenzo pour la version promo de cet album.

Note de The Keyboard Wizard : 9/10

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