[Live report] Dream Theater au Zenith de Paris (12.02.2017)

Un peu moins d’un an après deux dates parisiennes au Palais des Congrès en promotion de The Astonishing, Dream Theater est de retour dans la capitale pour un concert au Zenith, un lieu que les Américains n’avaient plus foulé depuis 2014. Et ce soir, c’est un événement spécial pour les fans du groupe de metal progressif, puisque John Petrucci et ses compagnons d’arme s’apprêtent à fêter l’anniversaire d’Images & Words sorti il y a 25 ans, et qui les avait révélé au yeux du public metal de l’époque.

Pourtant, c’est un Zenith en petite configuration qui accueille la formation et il est d’ailleurs étonnant de s’apercevoir que dix minutes avant le début du concert la fosse est aussi clairsemée. Mais qu’importe, les fans présents ce soir vont avoir droit à un concert de haute-volée de près de trois heures, durant lequel les Américains vont faire preuve de générosité et de partage. Retour en Images et en Mots sur un concert intense.

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Si Images & Words est mis à l’honneur ce soir, c’est avant tout par un set balayant la désormais longue carrière du quintet que le concert démarre. « The Dark Eternal Night » (issu de Systematic Chaos, qui lui fête ses dix ans) n’est pas le morceau le plus souvent plébiscité par les fans, mais il faut toutefois reconnaître que son interprétation en ouverture permet de donner le ton d’emblée, notamment grâce au riff heavy qui clôt le titre, sur lequel Jordan Rudess (claviers) s’empare de son ZenRiffer pour se rapprocher des premiers rangs. Dès les premiers instants du show, Dream Theater se montre bien moins réservé que d’habitude, à l’image de James Labrie (chant) qui pousse le public à donner de la voix sur « The Bigger Picture » ainsi que sur les extraits de The Astonishing, notamment « Our New World ». Le chanteur prendra plusieurs fois le temps de discuter avec la salle, se rappelant par ailleurs du premier concert parisien du groupe, donné à la Locomotive en 1993, forgeant selon lui la relation particulière qui unit la France et le groupe.

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Côté musique, comme toujours avec Dream Theater, les choses sont millimétrées, mais les musiciens n’oublient pas non plus les passages émouvants, comme sur le très bel instrumental « Hell’s Kitchen », ni l’efficacité avec « As I Am ». Le groupe cherche d’ailleurs à se faire plaisir, ainsi qu’à ses fans, comme lorsqu’il incorpore le riff d’ « Enter Sandman » et la rythmique de « One » à la fin du morceau, assumant pleinement l’influence de Metallica. John Myung (basse) en profitera d’ailleurs pour monter sur l’estrade de batterie, lui qui semble d’habitude très introverti. Au cours du concert, chaque musicien bénéficiera également d’une tribune lui permettant de s’exprimer : c’est le cas pour John Petrucci (guitare) sur le solo toute en finesse de « Breaking All Illusions » ou sur une reprise de Jaco Pastorius pour John Myung.

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Sur ce dernier titre, le bassiste rend hommage à son idole à coup d’harmoniques naturelles, avec ce morceau délaissant malheureusement la mélodie et suscitant l’incompréhension du public pendant un court moment. Mais malgré cela, ce premier set aura permis d’admirer un groupe qui a retrouvé une vraie cohésion et joue de façon beaucoup plus naturelle qu’au cours des dernières années. Les spectateurs présents le ressentent également et n’hésitent pas à ovationner à plusieurs reprises chacun des musiciens.

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Mais c’est surtout le deuxième set que l’audience semble attendre avec impatience, même si pour cela il faut patienter le temps d’une courte pause. Une fois les lumières éteintes à nouveau, la sono diffuse des extraits de titres qui trustaient les antennes radio en 1992, année de la sortie d’Images & Words. Lorsque les arpèges de « Pull Me Under » résonnent dans la salle, le public réserve un accueil toujours chaleureux à Dream Theater. Pour ce second set, l’accordage des instruments a été baissé d’un demi-ton par rapport aux versions originales, ce qui facilite la tâche du vocaliste, qui semble à l’aise pendant tout le set, malgré les notes aigües qu’il doit atteindre régulièrement.

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La (re)découverte d’Images & Words en live permet au public du Zenith de comprendre le succès de cet album, puisqu’il n’est composé que de classiques du groupe. « Take The Time » par exemple, dévoile la facette groovy de Dream Theater, qui réarrange d’ailleurs le titre pour proposer un nouveau solo de guitare à la fin. « Metropolis » est également interprété dans une version légèrement remaniée, puisqu’outre un solo de batterie de Mike Mangini, la partie instrumentale est également remodelée sur l’unisson guitare/basse/clavier.

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Dans la fosse, l’ambiance est dantesque puisque l’ensemble du public ne cache pas son plaisir, chantant les paroles d’ « Under a Glass Moon » à tue-tête et applaudissant les musiciens à tout rompre. Introduit par une improvisation au piano de Jordan Rudess, « Wait for Sleep » est l’occasion pour le groupe de montrer sa facette la plus mélancolique, d’autant plus qu’avant le titre, James Labrie évoque les répétitions des débuts du groupe, en présence d’Howard Portnoy, le père défunt de l’ex-batteur du groupe. Et si les fans de la première heure ne peuvent qu’être nostalgiques à l’idée que cet album soit interprété sans Mike Portnoy, le groupe parvient à retrouver l’alchimie qui l’habitait au début des années 2000 et prend un plaisir non feint à être présent sur scène.

Malgré la longueur des titres, le set file à vitesse grand V, et la conclusion de l’album est clairement l’un des grands moments de ce concert : « Learning To Live » est interprété brillamment par le groupe et le vocaliste en particulier, qui atteint sans problème la note la plus aigüe qui précède le solo du morceau. Mais c’est le rappel qui va enfoncer le clou, puisque Dream Theater y interprète « A Change of Seasons », peut-être le titre le plus plébiscité par les fans de la formation. Tous les ingrédients du grand Dream Theater sont présents au sein de cette composition, qui alterne entre parties instrumentales alambiquées, couplets émouvants et paroles subtiles et poétique.

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Chaque spectateur présent ce soir aura eu l’impression d’assister à un très grand concert, certainement le plus marquant de l’ère Mangini. C’est un groupe plein d’envie qui s’est présenté sur les planches au cours de ces trois heures, pour le plus grand bonheur des fans présents ce soir, et visiblement celui des musiciens également.

Setlist Dream Theater

The Dark Eternal Night
The Bigger Picture
Hell’s Kitchen
The Gift of Music
Our New World
Portrait of Tracy (Jaco Pastorius cover – John Myung Bass Solo)
As I Am
Breaking all Illusions

Pull Me Under
Another Day
Take the Time
Surrounded
Metropolis Pt 1 (Mike Mangini Drum Solo)
Under a Glass Moon
Jordan Rudess Keyboard Solo
Wait for Sleep
Learning to Live

A Change of Seasons

Live report à retrouver également sur La Grosse Radio Metal
Photographies : © Christophe Largeau 2017 pour Your Majesty
Toute reproduction interdite sans autorisation du photographe

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