[Chronique] Ayreon – The Source

Tout d’abord, un grand merci à Rikkert Dahmen de Mascot Records pour le lien anticipé. Voici donc la chronique exclusive de Your Majesty du nouvel album d’Ayreon, nommé The Source, qui sortira le 28 Avril 2017. Vous pouvez vous procurer l’album sur le site de Mascot, avec des versions dédicacées. Sachez que certaines versions ont déjà été envoyées donc si vous voulez avoir l’album avant les autres, n’hésitez pas à commander dès maintenant.

L’album commence donc par The Day that the World Breaks Down qui n’est pas une surprise pour quiconque s’intéresse à Ayreon puisque ce morceau est le premier single sorti sur YouTube. On reconnaît bien là, la folie d’Arjen de sortir un morceau de 13min comme premier single. La voix de James LaBrie nous introduit l’histoire puis les magnifiques flûtes de Jeroen Goosens, grand habitué des albums d’Ayreon. Ses interventions ainsi que celles de Ben Mathot au violon et de Maaike Peterse au violoncelle font énormément penser à Gentle Storm. On passe ensuite à un riff bien plus puissant qui fait penser directement à du Star One. Mais le morceau est un voyage à lui tout seul, entre douceur, gros riffs, blues, NWOBHM…

Arjen a cependant reconnu que cet album avait d’abord été pensé comme un album pour Star One (pas pour rien qu’on retrouve Floor Jansen et Russell Allen) et les fans de ce groupe ne seront pas déçus. On a du gros riff de guitare appuyé par des synthés puissants. Les fans de The Theory of Everything seront peut-être moins conquis par le côté moins prog (il faut dire que vu les intervenants sur The Theory of Everything, Arjen avait mis le paquet sur le côté prog).

Ce morceau sert à introduire tous les chanteurs de l’album (sauf Zaher Zorgati trop peu présent sur cet album malheureusement) et on sent direct que ce CD sera un album focalisé sur le chant et les guitares. Arjen a un don pour tirer les chanteurs vers le haut et révéler leur puissance. Préparez-vous à redécouvrir Tommy Rogers et à tomber une nouvelle fois amoureux de Mike Mills. J’ai été également conquis par les prestations de Tommy Karevik et de Michael Eriksen. Peut-être parce que je ne les connais pas aussi bien que les autres.

Le mixage est toujours nickel : aucune surprise avec Arjen et Brett aux commandes (les deux compères avaient déjà collaboré pour The Theory of Everything, qui reste mon album préféré). Les guitares sont massives, la basse est bien présente, les synthés sont gras et chauds (j’ai toujours été fan des sons d’orgue Hammond d’Arjen et du jeu de Joost Van den Broek) et le chant est puissant.

On pourra peut-être regretter le fait qu’Arjen utilise toujours la même formule au niveau de la musique (guitares, synthés analogiques, orgue, violon, flûte…) mais lorsqu’on écoute bien, on sent que le Hollandais géant a encore des choses à dire (comme ce passage hyper groovy et bluesy ou ce riff très Iron Maiden).

Ce morceau fini, on peut déjà dire que l’album sera dense : la première écoute du CD pourra être assez éprouvante, si l’on veut se focaliser sur le chant, les instruments et l’histoire. Mais c’est un peu le problème des concept albums en deux CDs, il faut choisir au départ, puis découvrir l’œuvre petit à petit.

Le deuxième morceau Sea of Machines est plus efficace et rentre assez rapidement dans la tête. Il me fait penser un peu à du Stream of Passion : une structure plus simple et la voix de Simone Simons (divine comme d’habitude et qui se complètera merveilleusement bien avec Floor Jansen par la suite).

On continue avec le morceau Everybody Dies qui, à mon avis, a été écrit pour Devin Townsend, on s’attend presque à ce que Ziltoid apparaisse. Un morceau bien barré, avec des tonnes d’harmonies, des changements de tempo, un petit growl de Tommy Rogers, les chanteurs se répondent à une vitesse folle, un micro passage fait penser à Uprising de Muse… Bref destiné à être un classique. A noter la sublime intervention de Russell Allen qui retrouve une voix beaucoup moins agressive que sur les derniers Symphony X : pour preuve, je ne l’ai même pas reconnu au départ.

Après cette folie musicale, on reprend un peu nos esprits sur Star of Sirrah avec un James encore tout en douceur. Ayreon permet au chanteur de se diversifier et d’exceller dans un registre différent de Dream Theater. Le repos est de courte durée pour nous introduire en pleine face un riff que n’aurait pas renié Star One : grosses guitares, nappes de synthés, Russell Allen au chant. Première intervention de Zaher Zorgati dans un rôle différent de celui qu’il tient avec Myrath. Mais le grand gagnant reste Tommy Rogers, mystérieux, doux, avec une voix parfois proche de celle d’Arjen.

All that Was nous plonge dans l’Irlande et le côté Gentle Storm avec un duo Floor et Simone de toute beauté appuyé par le violon, la flûte et la mandoline. Il faut quand même noté que depuis le début : aucun morceau ne se ressemble!

Et la diversité continue avec Run! Apocalypse! Run! qui nous plonge en plein dans le power/speed metal de Stratoviarus ou Sonata Arctica. Mark Mills nous gratifie de petits passages complètement barrés. James LaBrie reprend encore son rôle tout en douceur, presque chuchoté pour monter en puissance un peu comme sur the Astonishing.

Condemned to Live est un morceau qui reflète bien le sujet des paroles : comment peut-on vivre alors qu’on a abandonné la quasi totalité d’une planète à son sort? Un début assez mélancolique et dépressif pour arriver vers du Ayreon plus classique.

Aquatic Race : un début a cappella avec pas mal d’harmonies pour revenir vers un côté un peu plus Star One. La fatigue auditive se fait un peu sentir au départ de ce deuxième CD. Comme dit plus haut, la musique, le concept rendent cet album exigeant et donc un peu fatiguant pour une première écoute ou une écoute attentive pour une chronique. Le milieu repart vers du Ayreon classique avec un James qui devient un peu plus agressif mais comme toujours Arjen arrive à twister sa musique avec un riff saccadé très Iron Maiden puis une intervention des deux chanteuses.

The Dream Dissolves commence par une intro de flûte et violon particulièrement savoureuse. Puis du Ayreon classique relativement folk et moins metal qui tranche avec le côté Star One. C’est sur ce morceau qu’apparaît Mark Kelly du groupe Marillion pour un solo très aérien. Une ode au rock progressif des années 70s qui nous mène au solo de Marcel Coenen pour une montée en puissance.

Deathcry of a Race commence un peu comme Loser : un riff avec une flûte, un violon et des guitares puissantes. Le soufflé retombe pour une partie acoustique violon, orgue, guitare. Le morceau est hyper varié, passant de l’acoustique, à la puissance du metal, aux parties violoncelle/voix, metal oriental qui permet à Zaher d’être sur le devant de la scène…enfin! Puis un dialogue lyrique! Arjen nous fait voyager en 4min44.

Into the Ocean : du bon gros hard rock classique à l’ancienne qui lorgne vers le Deep Purple et le Twisted Sister, ça fait plaisir. C’est dingue comme après 10 morceaux, Arjen arrive encore à nous étonner. Il faudrait faire la liste des styles musicaux de cet album, on doit en avoir une dizaine. Il faudrait réécouter attentivement les autres albums mais j’ai vraiment l’impression que c’est le plus varié.

Et comme si cela ne suffisait pas, Bay of Dreams commence avec un arpégiateur et des nappes de synthés que ne renierait pas Jean Michel Jarre. James intervient encore une fois avec sa voix à la foi douce et poussée. Le morceau est intriguant, planant, avec des passages parlés, on est dans du space rock. Le morceau évolue encore pour devenir plus intense et violent (violent pour du Arjen Lucassen, ce n’est pas non plus du Cannibal Corpse hein!)

Planet Y is Alive : retour à du speed metal avec une basse ultra présente. Le tout fait penser à du Rhapsody ou à du Blind Guardian, surtout lorsque Hansi Kürsch se met à chanter. Histoire de ne pas faire tourner le morceau en rond, Arjen nous gratifie un pont instrumental avec solo de Guthrie Govan très aérien, voir Gilmourien mais avec le style merveilleux de Guthrie.

The Source Will Flow : morceau connu du grand public puisqu’il a fait l’objet d’un concours de vidéo. Personnellement, je n’aime pas trop ce morceau, trop ambiant, trop pesant. Certes, il constitue un énième changement de style dans cet album hyper varié mais je le trouve relativement ennuyant. Le chant de James me rappelle celui de The Human Equation et les cordes me rappellent un peu Comfortably Numb.

Journey to Forever s’ouvre sur un a cappella magnifique puis un passage folk très Ayreonesque. Le morceau est typique d’Ayreon mais dérive vers du U2, on pourrait limite entre Bono chanter Desire, Desire… Marrant comme au départ, on se dit « ok, c’est du vu et du revu » mais Arjen nous surprend une énième fois avec des surprises et des changements de style qui vous mettent le sourire aux lèvres.

The Human Compulsion reprend un des thèmes développés dans l’album. Quasiment tous les chanteurs ont une partie chantée qui progresse jusqu’à l’apothéose et cette note monstrueuse atteinte par Floor Jansen.

March of the Machines conclut l’album un peu à la manière d’une scène post générique, comme pour annoncer la suite. On connaît la passion d’Arjen pour les twists de fin d’album et The Source ne déroge pas à la règle.

Pour résumer cette longue écoute, je dirai que c’est un album hyper varié où une multitude de style vient égayer l’écoute et la rendre agréable, intéressante mais exigeante au premier abord. Une fois l’histoire comprise et l’album digéré, je suis sûr qu’on aura plaisir à y retourner pour comprendre à quel point cet album est complexe, fourni et très puissant. Il faudra cependant qu’il traverse l’épreuve du temps pour voir s’il peut détrôner des classiques comme The Human Equation (ou The Theory of Everything pour ma part) mais il en prend le chemin.

 

Chronique : The Keyboard Wizard

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